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lundi 30 juin 2014

Mondial 2014 : La mauvaise excuse de la chaleur.

Neige à Miramar
De petites équipes latino-américaines qui élimininent des géants du foot européen. On cherche des explications, des excuses. La dernière en date : Le climat.
Il fait chaud à Manaus, c’est le cagnard à Fortaleza, on étouffe à Brasilia. Et les équipes européennes seraient donc désavantagées par rapport aux joueurs venus de Colombie, Chili, ou Argentine. 
Petite météo de la semaine : Il fait entre entre 11 et 15 ° C à Porto Alegre où joueront l’Algérie et l’Allemagne, 9 et 18 °C à Bogota (Colombie). On s’attend à des températures proches de 0°C la nuit à Santiago (Chili), et à Buenos Aires, c’est l’hiver. Et même si c'est rare, il peut même neiger, comme l’an dernier à la même époque jusque sur la station balnéaire de Miramar.
Alors question climat, on voit mal quels avantages ou désavantages ils auraient ou nous aurions !
Et puisque les « Bleus » jouent aujourd’hui à Brasilia, rappelons que comme Belo Horizonte ou São Paulo, c’est une ville construite en moyenne altitude - 1100 mètres pour la capitale du Brésil - et qu’il y fait toute l’année beaucoup moins chaud qu’à Séville ou Montélimar !
Nos commentateurs et journalistes continuent à projeter leurs préjugés et visions folklorisantes sur le Brésil et l’Amérique latine. Ils renouent avec la théorie du climat, bien connue en économie, et qui était utilisée par les occidentaux pour expliquer pourquoi les pays du sud étaient moins développés que ceux du nord. Sauf que aujourd’hui la croissance c’est eux, en économie comme en foot.
Et puis, comment font les joueurs de l’équipe de France originaires des pays tropicaux et équatoriaux? Comment des Florent Malouda ou Bernard Lama ont-ils pu jouer au foot , alors que le climat à Cayenne n’est pas plus « froid » qu’à Manaus ?
Quand Christophe Colomb a découvert les côtes de l’Amérique, les Antilles, il a décrit le climat non  pas comme une fournaise mais comme « aussi doux qu’un printemps en Andalousie ».
Ne nous cherchons pas d’excuses : Ce mondial au Brésil montre surtout que sur la planète foot les européens doivent faire la place à des nouveaux entrants : Aujourd’hui, l’Amérique latine. Demain, en 2018 ou 2022, les équipes africaines. Même si in fine le 13 juillet, ce sont les allemands voire les français qui sont sacrés champions.
En sport, comme en économie, il va nous falloir nous battre pour gagner notre leadership. Et là que vont dire les Le Pen père, fille, petite fille ? On ferme les frontières ?
Au fait, toujours le portugais. C’est simple, pourtant : Pas Rio de » Dja-neiro », mais « Ja- neiro » : Débouchez-vous les oreilles, les gars !
 Et on dit Ma-ra-ca-na. Et pas Maracagna , on n’est pas en Espagne !

Playlist du blogodinho :


La vidéo Rio 40 °C , Fernanda Abreu, star du samba-funk
Parce qu’en été , en janvier, il fait vraiment chaud à Rio !



samedi 21 juin 2014

Et ils sont où ceux qui prévoyaient un mondial catastrophique ?


Bien sûr, il y a les performances des « bleus ». La France ne gagnera peut-être pas la Coupe du monde, mais en tout cas, l’image qu’ils nous (r)envoient nous fait plaisir, à tous, que l’on soit fan ou pas de foot. Quelle différence avec les psychodrames d’il y a 4 ans, en Afrique du Sud… passons, c’était nul !
Mais il y a aussi tous ceux qui nous annonçaient un mondial calamiteux, des stades pas finis, une organisation bordélique, des brésiliens vent debout contre la « Copa « et la « FIFA ». Aux cris de « Não vai ter Copa ».
Le premier anniversaire des grandes manifestations anti-mondial qui avaient fait descendre des millions de brésiliens dans les rues, a fait « pschiiiitttt ». Quelques centaines d’ultras, plus casseurs que manifestants, vite dispersés par la police militaire, qui, il est vrai, ne sont pas des bisounours. Pour le reste, l’immense majorité des brésiliens fêtent le foot, et ce mondial qui nous surprend d’ailleurs avec des idoles qui s’effondrent, des rebondissements, du suspens, des beaux matchs, et de belles ambiances : Car quand même, effectivement, foot et samba vont bien ensemble.
Mais atenção !, les brésiliens  ont goûté à la démocratie. Les mouvements d’il y a un an, et d’il y a encore quelques semaines, ont été une première et cela restera dans l’histoire des progrès des libertés au Brésil.
Une fois, la fête terminée, la politique reprendra le dessus, avec la campagne pour les présidentielles le 5 Octobre prochain. Les critiques contre la gabegie, contre  les retards des chantiers des transports, des routes, les hopitaux, reprendront. Comme celles contre la corruption, une plaie qui est d’ailleurs un des principaux freins à la croissance brésilienne. Même si la justice brésilienne est à l’œuvre : Depuis 4 ans, 7 ministres ont dû démissionner. José Dirceu, l’ancien « Premier ministre » de Lula a même été condamné à 7 ans de prison.
Tout cela rebondira à la fin du « mondial ». Et si en plus, la « seleção »ne gagne pas « son » mondial, la réélection de Dilma Rousseff risquerait d’être compromise…
Playlist blogodinho :
« Chupa toda » ( « suce tout… ») : Un duo entre Ivete Sangalo, une des chanteuses les plus populaires du Brésil, et Gilberto Gil devant ce stade de Fonte Nova où se jouait Suisse-France à Salvador de Bahia.

mardi 17 juin 2014

Porto Alegre : Porto (un)-happy


Nous avons été plus de 15 millions à suivre le premier match de Bleus à Porto Alegre. Du stade nous avons entraperçu quelques structures formant une sorte de grande coque. « Un magnifique stade raté » selon une phrase de Guy Roux, très retweetée par la presse locale, en français dans le tweet. Sauf quelques rares exceptions, rien ne ressemble plus à un stade qu’un autre stade, Quoique… Porto Alegre possédait déjà un stade gigantesque l’Arena do Gremio. Etait-il indispensable d’en construire un nouveau dans cette ville d’un million d’habitants ? Sauf pour nourrir des intérêts très locaux et très « BTP », d’où ces chantiers coûteux, pas complétement terminés.
Qui se souvient qu’en son temps, il y a 10 ans à peine, Porto Alegre était considérée comme le laboratoire des altermondialistes, des partisans d’un autre développement fondé sur la participation des habitants et mouvements associatifs ? Et l’on voyait les dirigeants du Parti Travailliste Brésilien, le parti de Lula et l’actuelle Présidente Dilma Rousseff, bras dessus, bras dessous, avec José Bové, ou Danielle Mitterrand. Un autre monde, un autre développement était possible et la démocratie participative de Porto Alegre allait montrer l’exemple.
Cela paraît bien loin, comme les promesses faites aux dizaines de milliers de familles déplacées par des travaux pharaoniques mais toujours inachevés. Car ce n’était pas qu’un stade qu’on construisait, mais un réaménagement de la ville et de son système de transports.
Porto Alegre découvre qu’elle est comme le reste du Brésil, elle qui se prenait pour une sorte d’Europe brésilienne. Avec sa population plutôt d’origine allemande et italienne, comme dans l’état voisin, à Florianopolis ou Blumenau, dont la fête de la bière est le deuxième événement le plus populaire au Brésil, après le carnaval de Rio.
Porto Alegre n’est plus si heureuse que ça, et les jeunes de la ville s’en moquent avec un clip « un-happy » qui détourne le « happy » de William Pharrell.
Sauf pour les « bleus » qui y ont fait un match en fanfare, Porto Alegre, annonce les lendemains de Coupe qui déchantent. Notamment pour l’actuelle Présidente Dilma Rousseff, qui pensait sa réélection aux Présidentielles de novembre prochain, aussi assurée que… la victoire du Brésil au mondial.

Ma playlist :



samedi 14 juin 2014

Ribeirão Preto, la capitale des bleus est aussi celle des demis de bière !



Ribeirão Preto, camp de base de l’équipe de France pendant le mondial n’est pas franchement ce qui se fait de mieux en matière de dépaysement exotique !
Au Brésil, elle est connue pour être la « Capital do chopp », la capitale de la chope de bière. Pas un visiteur qui ne se rendra à la « maison du pingouin ». Véridique : « Pinguim » » Pingouin » est le nom de la bière locale. On a l’exotisme qu’on peut et dans un pays tropical, on rêve de froid aussi «Antartica » ou « Pinguim » sont des must pour des noms de bière.
Installée dans la maison Diederichsen, un des rares bâtiments anciens de la ville, la « maison du Pingouin » est une sorte de Tour Eiffel locale. On comprend donc qu’à Ribeirão Preto l’ambiance est plus proche de la fête de la bière à Munich que du carnaval de Rio!
D’ailleurs Ribeirão Preto fait partie de ce Brésil « tempéré », parce que situé sur des collines de moyenne hauteur , au climat moins chaud. La population noire y est beaucoup moins nombreuse que la moyenne brésilienne. Les colons venus d’abord d’Italie, d’Allemagne, puis même du Japon ont été attirés par la richesse des terres dites « violettes » et ont d’abord développé la culture du café. Avec la construction d’un chemin de fer la reliant à São Paulo à 300 kilomètres et au port de Santos, Ribeirão Preto était même la capitale du café brésilien jusqu’à la crise de 1929. Les riches propriétaires y avaient leurs demeures. Puis sont venues d’autres productions agricoles, des centres d’enseignement et de recherches.  Notamment en médecine avec des centres de pointe sur la lèpre et les maladies tropicales.
Aujourd’hui, avec un million d’habitants, ce qui est peu à côté des 20 millions de São Paulo la capitale de l’Etat, Ribeirão Preto fait figure de ville tranquille, prospère, son revenu par habitant est le double du revenu brésilien. Elle se veut un peu la Californie brésilienne.
Mais on est loin de la mer,  des « moças » aux corps dorés des plages de Copacabana, loin des or et fastes du Brésil colonial et baroque, loin du Brésil africain de Savaldor de Bahia, loin des folles nuit de São Paulo.
Sauf donc, la bière qui a même profité de la venue de l’équipe de France pour sortir une bouteille «Allez les bleus » (si, si ! voir photo)
Une ville qui a quand même à voir avec le foot, puisqu’elle a vu grandir Raï et Socrates.
Ah ! oui, encore une fois Ribeirão Preto – « ruisseau noir « en portugais - se prononce « Ribéran », et non pas Ribéro, ni Ribéra-o, ni même  Ribéry ( LOL !), car le ão portugais est l’équivalent du an français. Mais il paraît  que c’est trop demander à nos confrères journalistes.